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Avez-vous déjà imaginé entrer chez votre marchand de journaux et “faire votre marché” en achetant une interview par-ci, un article par-là et pour finir un dossier dans un troisième magazine ? Tel qu’on se compose une assiette anglaise au buffet ou que l’on remplit son panier de courses à la supérette… Si l’on connaît déjà l’expérience d’acheter à l’unité un article sur le site web d’un magazine, faire son “shopping lecture” en sélectionnant seulement ce qui nous intéresse parmi plusieurs titres représente une offre suffisamment nouvelle pour être saluée. C’est ce que propose désormais articly.com, kiosque en ligne (multiéditeurs, donc) qui propose des articles de 0,20 à 1,20€ l’unité. Sont déjà référencés une quarantaine de titres issus des catalogues de Marie Claire, Prisma média, le Parisien, l’Opinion, le Télégramme…

Très rapidement, la start-up française à l’origine de cette offre s’est trouvée confrontée aux doutes des éditeurs de presse, qui redoutent déjà de rogner sur leur marge dans le cadre des ventes digitales au numéro. Inutile alors de dire combien cette option de découpage de leurs publications leur a semblé mettre en péril leur rentabilité. Les raisons ? Ce nouveau modèle de vente fait une fois de plus fuir les clients des points de vente, minimise l’expérience de lecture, donne une mauvaise image d’un produit vendu à un prix trop bas et “dévalorisant” les marques — tout cela sans vraie garantie commerciale à la clé.

Des freins prévisibles et en parti compréhensibles, certes. Mais on peut une nouvelle fois regretter la frilosité des ténors du marché de la presse face à un nouveau modèle économique et éditorial qui se veut à la fois moderne (quel média, en plus de l’abonnement, ne se commercialise pas à la découpe aujourd’hui ? L’offre Canal+ ne s’effondre-t-elle pas d’ailleurs devant la VOD ?), innovant (oser fractionner un produit conçu jusqu’ici comme une entité globale) et prosélyte (l’un des objectifs étant de recruter de jeunes lecteurs qui découvrent l’actualité par Facebook, sans parler des consommateurs qui regrettent trop souvent de devoir débourser 4,90€ pour devoir lire le seul sujet qui les intéresse vraiment).

Articly propose tout simplement à la clientèle une vente au détail qui, si elle ne résorbera pas les chutes de diffusion, répond à des attentes concrètes (besoin de lecture, d’information…) autant qu’à des réalités économiques (le ticket de caisse de l’acheteur de presse fond comme neige au soleil).

Et si les éditeurs revenaient aux fondamentaux de leur métier en pensant “contenus” avant de penser “supports” ? Il est peut-être là, le grand défi de la presse magazine…

 

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